Dimanche 18 mai.
Mon séjour à Marseille s'achève. Eh oui. Jusqu'à la prochaine...

Le 18, c'est aussi l'anniversaire de Mademoiselle. Je ne célèbre plus ces choses-là, je l'ai assez clamé, mais si le geste peut faire plaisir à qui j'aime, alors je me force un peu.
Je me dis que le dimanche, c'est le jour où l'on fête, et que je vais bien trouver un fleuriste ouvert en cette belle journée ensoleillée. Eh ben nib, walou, que dalle !... Ces feignants du sécateur font la sieste !... Me voici à court d'idées et contrarié dans mon louable élan.

Mais, en bas du boulevard Longchamp où me mènent mes pas, se tient une braderie. Vieux bouquins, statuettes nullardes, jouets cassés, Lubitels du siècle dernier, fringues douteuses... Et soudain, au milieux de ce bric-à-brac, mon oeil d'aigle se focalise et zoome sur ceci :

 

Old-Whip-(2)

Old-Whip-(4)



Un signe du destin !... Le cadeau idéal pour Mademoiselle !... Qu'importent les fleurs périssables, alors que les bonbons et la fessée c'est tellement bon !... Ce martinet a traversé plusieurs décennies et il est toujours là !... Quelle rose ou quel géranium pourraient en dire autant ?...
Certes, il a perdu quelques plumes à la bataille, mais ça le charge encore d'histoire : c'est signe qu'il a beaucoup servi !...

Premières observations :
les lanières sont faites de cuir beige, d'un profil que je qualifierais de "carré arrondi". Évidemment, c'est  l'usage et l'usure qui ont amené cet état de chose.
Le cuir est devenu poreux. Fragile, de ce fait. Sur les neuf lanières qui le constituent, six mesurent un bon 55 cm, ce qui est inhabituellement long. Les trois autres sont amputées d'environ 20 cm. Un espace vide sur le manche indique qu'il manque un brin, il y avait donc à l'origine 10 lanières. La fabrication semble assez artisanale, bien que le manche soit typiquement un manche de Martinet.
les brins sont plutôt crollés, comme on dit à Bruxelles. Bouclés, dirons-nous. La collerette en cuir est grossièrement rafistolée.

 

Old-Whip-(3)



De quand date cet instrument ?... La charmante dame qui me l'a vendu (5€) m'a dit : "Je suis née en 1942, je l'ai toujours connu". J'avais envie de lui demander si ses fesses l'avaient bien connu aussi, je n'ai pas osé... Surtout qu'une promeneuse et son mari, derrière moi, alors que j'examinais l'instrument, à commenté : "C'est interdit, maintenant..." "Ca dépend pour qui !" Ai-je rétorqué. Puis, après un échange de galéjades, j'ai raconté que les poilus de 14 en avaient un dans leur paquetage qui servait à faire tomber la boue séchée de leur uniforme (voir   :     http://waldoblog05.canalblog.com/archives/2012/10/04/25251870.html) et nous avons plaisamment devisé pendant un bon moment. "Grâce à monsieur, nous avons appris des choses", a dit une autre bradeuse qui écoutait. J'aurais pu  leur apprendre des trucs plus encore passionnants concernant les martinets, mais je me suis abstenu...


Dans un premier temps, j'ai humecté les lanières pour leur redonner une ligne droite. Le cuir était tellement sec  qu'il a tout bu... Je l'ai séché dans un linge, mais il restait lourdement humide. Je me suis dit que lui faire reprendre du service après toutes ces années allait aider à l'évaporation... Ça tombait bien : j'avais un compte à régler avec Mademoiselle, et en plus, c'était son anniversaire !...



Old-Whip-(1)

 

Malgré le poids des ans, le vaillant martinet s'acquitta très honorablement de sa tâche. Ses lanières humides tracèrent de jolies lignes roses sur le séant déculotté... Il perdit toutefois deux nouveaux tronçons de 10 cm ...

 

Old Whip (5)

 

Aujourd'hui, les lanières sont bien droites, et raides comme la justice !... Je vais envisager de les oindre d'huile d'olive. Je vous tiendrai au courant.